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COLLECTIF CONTRE LA CONFISCATION DE LA DÉMOCRATIE AU BURKINA FASO

NON AU VOL DE LA VICTOIRE DU PEUPLE BURKINABÈ !

NON À LA CONFISCATION DE LA DÉMOCRATIE!

RESTONS MOBILISÉS ET VIGILANTS!

Le Collectif s’incline devant la mémoire des combattants tombés pour la démocratie, souhaite un prompt  rétablissement aux nombreux blessés et présente ses sincères condoléances aux familles éplorées. Il exige toute la lumière et la justice pour toutes ces victimes du régime Compaoré.

Les manifestants ont exprimé leur volonté de voir le pouvoir confié aux civils.

L’insurrection populaire qui est venue à bout « de 27 ans de refus et d’obstination » de Blaise Compaoré et son clan a frayé pour le peuple burkinabè un chemin vers la liberté et la démocratie.

Cette victoire arrachée au prix du sang et de nombreux blessés ne semble pas du goût de certains caciques de l’armée qui, hier encore, ordonnaient de tirer à balle réelle sur des combattants pour la liberté aux mains nues. Cette tentative d’usurpation de la victoire et les conflits qu’elle fait naître au sein des forces armées peut nous ramener aux âges sombres de l’histoire du Burkina Faso, ponctuées d’États d’exception, de remises en cause des libertés individuelles et collectives, de verrouillages institutionnels.

Le Collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso, mobilisé derrière le peuple burkinabè en lutte, refuse de voir cette victoire se transformer en monnaie d’échange pour satisfaire des ambitions personnelles au sein de quelques composantes des acteurs de la société civile et des parties politiques d’opposition. La transition doit être l’œuvre des partis politiques et de la société civile dont les actions multiformes, depuis de nombreuses années ont rendu possible cette victoire. Par conséquent, notre Collectif veillera à ce que les acteurs des partis politiques, de la société civile, les forces politiques démocratiques, qui ont œuvré pour le changement, soient en charge d’une transition civile. Cette dernière doit être conforme à la volonté du peuple burkinabè et de sa jeunesse, et en cohérence avec les injonctions des instances nationales, régionales et internationales qui ont pris acte de cette insurrection nationale, civile et populaire.

Cependant, dans la phase actuelle, instable et de difficiles négociations, entre les acteurs des partis politiques, de la société civile et de l’armée, nous ne sommes pas à l’abri des dérives sanglantes et de remise en cause des libertés démocratiques. C’est pourquoi, notre vigilance sera de tous les instants afin de nous assurer de la mise en place d’une transition démocratique permettant de retrouver le calme, la sécurité et de préparer, dans des conditions satisfaisantes pour l’ensemble du peuple et la jeunesse burkinabè, des élections libres, indépendantes et transparentes, le moment venu et dans le respect des règles de la Loi Fondamentale au Burkina Faso.

L’écho et le soutien en Afrique et au plan international de cette insurrection ouvre une page de l’histoire du Burkina Faso qui pourrait être écrite aussi par d’autres peuples, à leur tour. Cet écho et ce soutien sont un message clair envoyé aux dictateurs africains, mus par des velléités de tripatouillage des constitutions, quant au sort que leur peuple pourrait leur réserver. En effet, entre 2015 et 2016, 52 élections présidentielles auront lieu dont 25 sur le continent africain.

C’est dire combien de nombreux peuples du continent sont concernés et doivent demeurer vigilants et mobilisés.

Le Collectif prend acte de l’injonction faite par le président François Hollande à l’armée à l’armée burkinabè de remettre le pouvoir transitoire aux partis politiques de l’opposition et aux organisations de la société civile, après avoir cependant organisé et protégé, pendant l’insurrection populaire, la fuite de Blaise Compaoré et de ses proches.

Le Collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso, par ses actions de communication et de mobilisation assure au peuple burkinabè, à sa jeunesse et aux forces démocratiques mobilisées pour le changement de toute sa solidarité pour que jamais et sous aucun prétexte cette liberté ne soit volée ou spoliée.

La diaspora burkinabè de France se tient prête à apporter toute sa contribution dans le processus qui sera mis en place par la transition démocratique au Burkina Faso.

Le Collectif appelle toutes les organisations démocratiques africaines, françaises et européennes:

- à soutenir la lutte du peuple burkinabè et de sa jeunesse pour la liberté et la démocratie

- à nous rejoindre pour renforcer le Collectif Contre la Confiscation de la Démocratie au Burkina Faso

Liberté et démocratie pour le peuple burkinabè!

 

Paris, le 05 novembre 2014

Le Collectif