COMMUNIQUE

DÉCLARATION SOLENNELLE POUR SE RÉUNIR AU SIÈGE DE L'UNION

AFRICAINE EN VUE DE CRÉER UN CONSEIL NATIONAL POUR LE

RESPECT DES ACCORDS D'ARUSHA ET DE L’ÉTAT DE DROIT AU

BURUNDI

Depuis de nombreux mois, monsieur Pierre NKURUNZIZA et son équipe tentent de réaliser un putsch contre les accords d'Arusha et l’état de droit :

- Monsieur NKURUNZIZA et son équipe refuse systématiquement de respecter la règle fondamentale de la société burundaise limitant à deux, le nombre de mandats a la présidence de la république burundaise.

- Malgré les dénonciations nombreuses et les demandes répétées de toute la communauté internationale, Monsieur Pierre Nkurunziza et son équipe refusent le démantèlement des organisations paramilitaires Imbonerakure.

- Plus aucune enquête judiciaire indépendante n'est menée au Burundi dès lors que les auteurs, coauteurs et complices des infractions sont des personnalités proches de l’équipe de Monsieur Nkurunziza.

- La cour constitutionnelle a été mise sous pression dans des conditions inadmissibles pour provoquer le prononcé d'un arrêt favorable au 3emme mandat alors qu'une majorité des magistrats ayant valablement délibéré, avaient rejeté la possibilité d'un troisième mandat, cette dernière interprétation des accords d'Arusha et de la constitution ayant aussi été celle de nombreux jurisconsultes et d'un collègue indépendant de procureurs ainsi que des équipes de juristes de nombreux États qui tentent d'aider le Burundi pour sortir de la crise actuelle.

- Le CENI censée contrôler et garantir le déroulement d’élections libres, démocratiques et inclusives, a connu des défections révélatrices de la situation de détresse de nombreuses personnes chargées d'assurer le suivi du processus électoral.  

- Dans ces conditions, tout le processus électoral est entaché d’illégalité et l’entêtement de Monsieur Nkurunziza et son équipe à maintenir un simulacre d’élection, est une manœuvre dont personne n'est dupe, aucune autorité légale et légitime ne pouvant sortir valablement des urnes dans de pareilles conditions.

- Les équipes d'observateurs les plus crédibles se sont d'ailleurs retirées du processus électoral en l'absence de garanties minimales concernant la régularité de ce dernier.

- Dans le même temps, toutes les formes d'expression démocratique et notamment de diffusion d'opinions par voie radiophonique et les manifestations pacifiques dans la rue ont été rudement réprimées au lieu d'assurer l'expression de la diversité des opinions par les voies habituelles que sont le droit de manifester et le droit de presse.

- De très nombreux burundais ont payé de leur vie le fait qu'ils ont dû affrontés à mains nues la répression policière ou militaire. Des dizaines de milliers de personnes vivent réfugiées dans des conditions précaires. L'on peut désormais parler de près de deux cent mille réfugiés. La répression est poursuivie dans le pays et des massacres et crimes contre l'humanité sont désormais commis, ce qui exposera leurs auteurs et complices à des poursuites judiciaires et à des condamnations à la mesure de l'horreur de leurs actes de tortures et de leurs assassinats.

- Face à une telle situation, Monsieur Nkurunziza et son équipe n'ont jamais privilégié l’intérêt de la réconciliation nationale sur les intérêts égoïstes et personnels, l’intérêt collectif sur quelques intérêts privés où d'ailleurs l'enrichissement personnel de quelques individus sans égards pour la population, n'est pas absent.

- Toutes les propositions visant à ce que s'exerce l'art du compromis politique dans l’intérêt du Bien commun, n'ont pas été entendues et Monsieur Nkurunziza et son équipe non satisfaits de violer le pacte fondamental de la Nation burundaise concernant le 3ème mandat, a aussi systématiquement refusé de s'astreindre à l'exercice fondamental du dialogue politique qui implique des concessions mutuelles dans l’intérêt du pays.

- Cet entêtement a divisé profondément les forces armés et de police du pays au préjudice de l’intérêt du BURUNDI. Ce refus de toute forme de dialogue, de toute remise en question, cette répression insupportable de son propre peuple qui ne parvient pas à être entendu, sont les seules et uniques responsables de la dérive vers un conflit violent que toute personne soucieuse de la population devrait vouloir éviter à tout prix. Monsieur Nkurunziza et son équipe portent une responsabilité historique dans la genèse et le développement de la violence au Burundi ces derniers mois et peut-être dans les prochaines semaines si on observe des signes annonciateurs tellement inquiétants. Sur ce plan, il a lui-même détruit les digues protectrices patiemment mises en place lors de la négociation des accords d'Arusha et il pousse son peuple à prendre les armes faute d’être entendu. Ceci est inadmissible pour un Chef d’État digne de ce nom.

- Face à cette situation de crise inédite et devant une telle situation de blocage où l’équipe de Monsieur Nkurunziza s'est mise hors jeu du fonctionnement politique traditionnel, les forces politiques en présence doivent impérativement se retrouver pour éviter que les fondements constitutionnels du vivre ensemble au Burundi ne soient bafoués, pour le plus grand malheur de la population.

- Les signataires de la présente déclaration, invitent toutes les forces politiques et toutes les forces de la société civile de bonne volonté à se retrouver rapidement à Adis Abeda, siège historique des institutions de l'Union africaine, en vue d’arrêter les modalités de mise en place d'un Conseil National qui aura pour objectif de préserver les acquis des Accord d'Arusha et de l’État de Droit au Burundi et de fixer un cadre clair et rigoureux pour la réalisation de cet objectif.

-Les signataires du présent appel entendent que ce Conseil National soit constitué en pleine entente nationale.

-Les signataires du présent appel saluent le Médiateur récemment désigné par les dirigeants de la Région et l'informent d'ores et déjà que le Conseil National sera disponible pour ouvrir un dialogue constructif pour mener à bien le projet de respect des Accords d'Arusha, de la Constitution burundaise et de l’État de Droit. Il ne peut être question à cet égard de mettre en place des solutions de médiation sans que tous les protagonistes de la crise ne soient écoutés et sans que le respect des Accords d'Arusha et la restauration de l’État de Droit ne soient pris pour objectif essentiel, conditions sine qua non d'un accord politique à la mesure de la crise vécue actuellement.

- Le Conseil National saura pleinement jouer son rôle qui lui incombe comme garant de la légalité et des institutions du Burundi.

- Il est demandé à la communauté internationale de soutenir cette initiative fondée sur l’État de nécessité juridique dans lequel l'équipe de Monsieur Nkurunziza plonge les autres acteurs politiques du pays.

-Il sera demandé à la population burundaise de soutenir cette coordination internationale dans l'attente d'un retour à l’État de droit dans les meilleurs délais au Burundi.

Bujumbura News du 18 juillet 2015

Ont signé :

1. Pour le parti Sahwanya FRODEBU NYAKURI : Dr Jean MINANI – Président

2. Pour l’ADC-IKIBIRI : Léonce NGENDAKUMANA - Président

3. Pour le parti l’UPD-ZIGAMIBANGA : BARAMPAMA Marine - S.G

4. Pour le parti UPRONA : Pr Charles NDITBE

5. Pour la coalition RANAC, Antoine AWTOYI – Vice-Président

6. Pour le M.R.G – RURENZANGEMERO : Eric NKENGUBURUNDI – P.P

7. Pour le RDB : MINANI Jérémie - Président